La SHBL au Conservatoire botanique de Brest dans le vallon de Stangalar

Publié le 25 Février 2016

Nous nous sommes retrouvés le 24 février 2016 au Conservatoire botanique de Brest dans le vallon de Stangalar : Nous étions 32 et le déplacement valait vraiment la peine tant par la diversité des visites que par la qualité des intervenants.

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Le directeur Stéphane Buord nous a présenté l'historique du Conservatoire. La structure a été créée en 1975 et c'est la première structure en France et dans le monde dont le but est la conservation des plantes en voie de disparition. Elle possède un agrément du Ministère de l'environnement délivré tous les 5 ans.

Le Conservatoire a en réserve 5000 taxons de variétés botaniques et de variétés cultivées dont 2000 espèces conservées qui sont éteintes dans la nature. Les causes de disparition des espèces sont variées : Destruction de l'état naturel, déforestation, urbanisation et aussi apparition d'espèces invasives. Le but est de soustraire une plante en danger de son milieu naturel pour la conserver, la multiplier et si possible de la réimplanter (encore faut-il que la population soit consciente de l'action menée et coopérante).

Loïc nous a fait visiter successivement les 3 serres avec dans chacune la description d'une plante ou d'un arbuste particulier :

* Serre des montagnes tropicales humides

La chaleur de la serre est maintenue à 18 ° en atmosphère humide. On y trouve des plantes vivant en altitude à La Réunion, La Martinique, L'Ile Maurice.

Nous nous sommes attardés sur le " Cylindrocline lorencei " (originaire de Maurice) de la famille des Astéracées : 1 seul spécimen a été obtenu dans la nature en 1973 (spécimen sauvé qui n'existe plus). Il a fallu au Conservatoire attendre 10 ans pour avoir des fleurs et des graines. Au total cela a pris 35 ans pour le réimplanter dans son milieu naturel.

Puis un nouvel arrêt devant "Hibiscadelphus giffardianus" (originaire d’Hawaï) de la famille des Malvacées disparu en 1930 : Espèce éteinte à cause de la disparition de son oiseau pollinisateur de la famille des Drépanidés. Des graines et des boutures avaient été conservées au jardin botanique d’Hawaï.

* Serre des Iles océaniques subtropicales

La température de la serre est de 16° et on y retrouve des plantes de Madère

* Serre des zones tropicales sèches

Les plantes sont originaires de La Réunion et poussent entre 0 et 300 m.

En particulier nous nous sommes arrêtés devant " Le bois de senteur blanc" : Ruizia cordata avec ses 2 sortes de feuilles : Les feuilles adultes sont recouvertes d'un duvet blanc qui réfléchit la lumière. Puis vient un espace réservé aux succulentes.

* Serre des forêts tropicales humides

Et là se trouve en état de dormance le fameux Arum Titan : "Amorphophallus titanum" (originaire de Sumatra) de la famille des Aracées et dont la floraison en 2003 a fait le tour du monde des botanistes. Il refleurit tous les 5 à 10 ans: La dernière remonte à 2009. et entre temps il développe tous les ans une feuille le temps de nourrir son bulbe.

Sa fleur malodorante ne dure qu'un jour et peut mesurer 3 m de haut.

Ne possédant qu'un spécimen pour le moment, le conservatoire ne récolte pas encore les graines pour ne pas épuiser le bulbe et le perdre.

Ensuite nous avons passé rapidement par la serre de multiplication ; Là se trouvent les plantes mères qui sont bouturées.

Visite ensuite de la bibliothèque.

Claire la documentaliste nous y a accueillis. Elle stocke au fur et à mesure toutes les connaissances récupérées un peu partout. Le centre de documentation n'est pas accessible au public : Il est ouvert aux étudiants, aux stagiaires, aux chargés d'études...

Sur 450 m linéaires on compte :

- 12000 livres français et étrangers

- 5000 études

- 120 périodiques en abonnement

- des articles scientifiques

- un herbier enrichi par des dons bien souvent

Visite du centre de conservation

C'est Catherine qui s'en occupe

Les graines sont collectées en sac papier, puis après une inspection visuelle elles sont débarrassées de leurs impuretés et parasites. Elles sont ensuite soumises à la dessiccation dans un dessiccateur à 16 ° qui contient du silicagel pour absorber l'humidité dégagée ; Cela dure environ 3 semaines et on  mesure le résultat : L'idéal est que la graine ne conserve que 10 à 16 % d'humidité.

Elle sont ensuite congelées à - 18 °

Il existe 2 types de graines :

- les graines orthodoxes qui acceptent bien la congélation car elles ont la faculté de se mettre longtemps en dormance

- les graines récalcitrantes (ex : ombellifères) qui n'ont pas de saisons bien marquées pour se développer et pour lesquelles la congélation est une étape aléatoire.

La congélation jusqu'en 2000 se faisait en flacon de verre et depuis ce temps on utilise des sacs tri couches..

Des tests de germination sont effectués tous les 5 à 6 mois pour s'assurer de la viabilité du lot : Ceci se fait en boîte de pétri sur papier filtre humidifié en étuve avec un démarrage à 4 °puis on augmente la température tout les 3 semaines. Quand le test est négatif le lot n'est pas jeté : D'autres tests sont faits dans des conditions différentes (autre température, scarification de la graine exposition à la lumière etc...)

La visite aura duré 3 heures qui nous ont parues bien courtes tant le sujet était intéressant !

Anne L

 

Les Photos de cette visite sont la --> http://gardenbreizh.org/photos/SHBL/album-34657.html

D'autres photos des serres du Conservatoire botanique de Brest

Photos de Stéphane

Photos de Gilda

Photo de Claude

Prochaine activité → Taille de pommiers et initiation au greffage à Guipavas

Rédigé par Le Webmaster

Publié dans #Visites de la SHBL, #Info aux adhérents

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