Compost, cendres, purins et autres décoctions

Publié le 6 Janvier 2010

4ème partie

Le compost, cendres, décoctions, fumée, macérations et purins.

Le compost :

Démarrer un compost : à mi-ombre, creuser une petite cuvette dans le sol et débuter en mélangeant cette terre aux premiers déchets. Les vers du fumier arriveront très vite si vous commencez par des matières carbonées comme les tontes de pelouse bien sèches. Puis petit à petit, vous ajouterez de la matière azotée.

Les matières carbonées : coquilles d'oeufs broyées, carton et papier en très petits morceaux, cendres, copeaux de bois, feuilles mortes, paille et tonte bien sèches, sciure... Tout ce qui est dur et sec donc mort.

Les matières azotées : épluchures, restes de fruits et légumes, tonte de pelouse fraîche par petites quantités... Tout ce qui est vert, humide et mou.

Le bon rapport C/N (Carbone/Azote) d'un compost se situe entre 15 et 30.

Calculez le C/N de tous vos apports dans le compost.

Autre page du calcul du rapport C/N.

Commencez par une surface de 1M2, 4 piquets de 1.50ML entourés de grillage de 1M de haut.

Enfoncez-les piquets de 30cm. Ils dépasseront du grillage de 20cm. Fabriquez un petit couvercle pour le protéger des fortes pluies.

Pensez à toujours mettre un peu de terre au centre du tas, les vers circuleront rapidement et l'humidité ne stagnera pas.

Evitez de le recouvrir d'un plastique, le tas a besoin de respirer.

Tous les composts seront bien mûrs avant d'être étalés sur le sol. Tous les fumiers seront d'abord compostés avant d'être utilisés.

Le ver du fumier ou ver rouge (Eisenia fetida) va se charger de transformer votre tas en humus. Quand le ver du fumier cède la place au ver de terre ou lombric (Lumbricus terrestris), c'est que le compost est mûr. Il a une bonne odeur d'humus des bois.

A lire pour le plaisir : Les lombrics ...

Des plantes diverses (non fleuries, non grainées) enrichiront le compost en minéraux divers : consoude, ortie, pissenlit, prêle, la plupart des "mauvaises herbes" sauf le chiendent, le liseron qu'il vaut mieux brûler.

La plupart des déchets ménagers enrichiront le tas de compost. Les coquilles d'oeufs et épluchures de pommes de terre seront broyées.

Les feuilles de melon enrichiront le compost en calcium.

De la luzerne, sur le tas, activera sa décomposition tout en l'améliorant.

Le marc de café est riche en phosphate, c'est de l'or pour le compost.

Ce qu'il faut éviter de mettre dans le compost : des produits carnés non broyés (cela peut attirer les rats et autres indésirables), des végétaux montés en graines, des feuilles trop épaisses, de gros branchages, des aiguilles de conifères. Pour être incorporés au compost, ces produits seront broyés. Les vers n'aiment pas non plus les fruits trop acides, ni les produits vinaigrés.

Etaler le compost sur la terre du potager et dans les massifs :

Les micro-organismes ne se développent que près de la surface du sol. Le compost ne doit donc être enfoui que très légèrement pour favoriser son incorporation.

Les jardiniers apportent souvent trop de compost sur la terre du potager et contribuent ainsi à la pollution des sols. En apportant trop de compost, vous apportez trop d'azote.

Et le jardinier, croyant consommer des légumes bio, consomme en réalité des légumes bien plus pollués que ceux du supermarché. Une brouette de jardin peut contenir 50 kg de compost.

Quelle est la bonne dose de compost à épandre sur la terre du potager par M2 ?

Pouvez-vous répondre à cette question ?

Faites-le par le biais des commentaires, c'est anonyme.

Cendre, décoction, fumée, infusion, macération, mouillant et purin à base de plantes :

Petit dico :

décoction : liquide froid et plantes aromatiques portés à ébullition.

infusion : eau bouillante versée sur des plantes, on laisse infuser un moment.

macération : plantes mises à tremper dans l'eau froide pendant un moment.

mouillant (eau plus argile, huile, lait ou savon liquide …) : permet une meilleure adhésion du produit sur les feuilles.

purin : liquide obtenu après macération de plantes dans l'eau pendant un certain temps. La règle générale de macération est de 1 kilo de plantes pour 10 litres d'eau. Puis suivant l'utilisation, le produit est coupé d'eau et/ou de mouillant à des dosages différents.

cendres : à conserver au sec pour des utilisations ultérieures. Mais attention, le pH de toutes les cendres est élevé, (pH13), donc ne pas en mettre au pied des plantes acidophiles. Elles s'ajoutent sur le tas de compost ou sur le sol.

cendres d'algues : excellent fertilisant.

cendres de bois : riches en phosphore et en potasse, à ajouter sur le compost. Les légumes racines tels que les carottes, navets, radis, etc. sont gourmands en potasse.

cendres de feuilles de tilleul : riches en potasse.

cendres d'ortie : riches en minéraux, en fer.

cendres de prêle : riches en silice mais aussi en calcium, potassium, fer, manganèse, magnésium, sodium et soufre.

fumée de feuilles de chêne, enfumage : dans la serre close, faire brûler, dans un vieux barbecue ou autre contenant, un tas de feuilles séchées de chêne pour lutter contre les aleurodes et autres parasites. Rajouter des feuilles. L'enfumage éliminera la vermine.

infusion de rhubarbe, riche en acide oxalique et pour lutter contre le ver du poireau et puceron (500g/3 litres d'eau).

infusion de tanaisie, fongicide et insecticide pour lutter contre de nombreuses maladies et ravageurs (100 g/litre).

infusion de feuilles de tomate (100 g/litre) pour lutter contre la piéride du chou.

macération de cataire (herbe à chats, Nepeta) : éloigne fourmis et autres insectes.

mouillant d'ail : 100g d'ail haché dans 20cl huile à macérer 24 heures. Filtrer et ajouter 10ml lait /1L d'eau. Diluer 20 fois et utiliser en insecticide et en fongicide contre de nombreux insectes et champignons.

purin d'algues : riche en potassium et minéraux. Les asperges et les artichauts apprécieront. Jetez des algues sur le tas de compost. Des taches de liège dans les pommes indiquent une carence en bore, du purin d'algues versé dans des trous à la couronne des arbres règlera le problème.

Récoltez les algues (sans mouches) et laissez-les sécher avant de les introduire dans la serre.

Après avoir introduit des algues fraîches dans la serre, nous avons aussi fait un élevage de mouches des rivages, une horreur, seul l'enfumage en est venu à bout.

purin de bardane, riche en potasse, est aussi un fongicide pour lutter contre le mildiou de la pomme de terre (100 g/litre).

purin de feuilles de bouleau, action fongicide pour lutter contre la tavelure des fruitiers (100 g/litre).

purin de consoude, riche en potasse et en azote, est aussi un insecticide naturel.

purin de fougère, riche en potasse mais augmente l'acidité du sol.

purin de genêt, en insecticide contre la piéride du chou (2 à 3 branches/5 L).

purin de lavande, pour chasser les fourmis (100 g/l).

purin de lierre, contre les aleurodes, acariens et pucerons (1kg/10 L, dilué à 5%).

purin d'ortie non fleurie, riche en azote, fer, magnésium et silice ; pour lutter contre acariens, carpocapses et pucerons (1kg/10L pur) et diluer à 10% en arrosage pour aider à la croissance des plantes. Gardez 500g d'orties fraîches pour vous faire un délicieux potage.

purin de pissenlit, stimule la croissance des plantes (1 k/5 l).

purin de prêle, riche en silice, et pour lutter contre les taches noires, le mildiou, la rouille et de nombreuses autres maladies (macération pendant 10 jours).

purin de rue, pour lutter contre les pucerons (500 g/5 l).

Dans la maison, avec de la rue fraîche, frottez vos meubles, déposez quelques brins, pour éloigner votre chat des endroits sensibles (canapé, petits pots de semis).

purin de souci, aide à la fertilisation des sols (500 g/5 l).

purin de sureau, contre la plupart des insectes ravageurs (500 g/ 5 l). A macérer 1 semaine. Le tas de compost se plaira sous l'ombrage du sureau.

A lire sur le Web : Le compost, comment ça marche ?

CONCLUSION : essayez de retenir ceci :

Compostez, compostez presque tout et enrichissez raisonnablement votre sol.

Et répondez à la question : quelle quantité de compost épandre dans le potager par M2 ?

Retrouvez tous les articles :

1ère partie : La rotation des culture, l'assolement, les familles de plantes.

2ème partie : Connaître sa terre, le pH, les plantes indicatrices.

3ème partie : Les besoins des légumes, nourrir le sol, NPK, amendements, engrais.

4ème partie : Le compost, cendres, décoctions, fumée, macérations et purins. (ci-dessus)

5ème partie : Les engrais verts.

6ème partie : les paillis, le paillage du sol en été.

7ème partie : Les bons et les mauvais voisinages ou les cultures associées.

8ème partie : De la couleur pour des légumes en pleine forme, la biodiversité.

Bonne culture,

Anne

Rédigé par Hortimail

Publié dans #Au potager

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cevennes30 19/08/2016 22:53

merci à vous. tous les articles sont hyper intéressant simple et compréhensif de tous.

SHBL 20/08/2016 08:01

Merci de votre intérêt