Les paillis, le paillage du sol en été

Publié le 10 Janvier 2010

6ème partie

Les paillis, le paillage du sol en été.

Le terme "paillage" vient de paille car autrefois, on se servait essentiellement de paille pour pailler autour des fraisiers et éviter que les fraises ne touchent le sol.

Pourquoi pailler ?

Pour empêcher les mauvaises herbes de lever et donc moins de binages, moins de mal de dos.

Pour garder le sol frais donc moins d'arrosage, moins d'évaporation.

Pour améliorer la structure d'un sol trop léger ou trop lourd.

Pour économiser les arrosages.

Pour créer un nouveau massif sur une pelouse (peut se faire toute l'année).

Quand pailler ?

La période idéale se situe entre avril et mai. La terre est déjà bien réchauffée et les mauvaises herbes ne vont pas tarder à se développer.

Avant de poser un paillis, quel qu'il soit, le sol doit être propre.

"1 binage vaut 2 arrosages" mais j'ajouterai qu' "1 paillage vaut plus que 2 arrosages".

Les différents paillis :

Les paillis synthétiques :

Le plastique ou toile, vert ou noir : que l'on s'en serve pour un temps très court, 2 ou 3 ans, le temps que les plantes s'installent, passe encore mais qu'il reste à demeure : non, non et non. Il n'est pas biodégradable, il appauvrit, dégrade et pollue la terre. Il lui faudra 400 ans pour se décomposer.

Quand vous regardez sous le plastique, vous constatez que la terre est dure, dure comme du béton. C'est comme si la vie sous terre n'existait pas, il n'y a pas d'humus.

Les feutres de jardin : je l'ai essayé, il y a longtemps, pour finalement le détester. A l'achat, le vendeur me l'avait certifié biodégradable. Il n'en était malheureusement rien et il en reste encore sur le sol. C'est, de plus, très difficile à enlever.

Ne vous laissez pas abuser par les nouveaux termes utilisés par les fabricants :

Les termes bio-fragmentable, fragmentable, oxo-dégradable, photodégradable, ne veulent pas dire biodégradables. Des produits, ainsi appelés, contiennent pour la plupart des composés à base de pétrole.

La biodégradabilité répond à 2 normes : NF EN 13432 et NF U 52-001. La première concerne les emballages et la seconde les plastiques à usage agricole et horticole.

Un exemple : j'ai sous les yeux 2 sacs.

L'un porte la norme EN 13432, il est en amidon de maïs.

Sur l'autre, il est écrit "100% oxo-biodégradable. Il contribue à la protection de l'environnement. Sa durée de vie est limitée dans le temps. Après dégradation, il devient bio-assimilable".

Aujourd'hui, rien ne permet de dire que ces deux sacs soient totalement biodégradables car ces deux produits contiennent une part de pétrole.

Donc, même si un produit plastique porte une norme, il convient d'être prudent et choisir, de préférence, un produit naturel.

Les paillis naturels minéraux : billes d'argile, graviers, paillage de schiste, pouzzolane… sont à réserver aux petites surfaces comme les potées de terrasse, les jardinières, les plantes en serre ou en véranda.

Les paillis naturels du commerce : le BRF (bois raméal fragmenté), les cosses de sarrasin, les écorces de pin, les écorces de fève de cacao, le mulch de coco, la paille naturelle hachée ou non, la paillette de lin, la paillette de chanvre, les plaquettes de sapin, etc.

Certains paillis seront utiles pour mettre valeur des petites surfaces car souvent leur prix nous font reculer. C'est qu'il faut en remettre tous les ans.

D'autres, à prix plus abordable, seront utilisés sur de plus grandes surfaces.

Certains paillis, après leur mise en place, demandent à être arrosés, comme la paille, le lin, le chanvre, le sarrasin…

Pour faire du BRF soi-même, il faut évidemment avoir un broyeur.

Ensuite, avant de faire son choix, il faut se méfier de certains paillis acidifiants. Par exemple, un massif de rosiers ne recevra pas un paillis d'écorces de pin, mieux vaut utiliser du BRF ou de la paille.

Je n'ai pas essayé les nappes ou géotextiles en coco ou jute.

J'ai essayé les collerettes biodégradables à poser autour des arbres fruitiers. Là je peux vous assurer qu'elles sont bien biodégradables. Au bout de 6 mois, la collerette a disparu, un peu trop vite à mon goût. Ce qui revient à dire que certains produits, économiques à l'achat, deviennent, au final, très chers.

Les paillis naturels par les plantes : Certaines plantes dites "mauvaises herbes" seront conservées dans le jardin. Par exemple, le lierre, Hedera helix, sera conservé sous les haies pour servir d'abri et de nourriture à la faune du jardin. Le lierre est une plante mellifère et ses fruits feront le délice des oiseaux en hiver.

lierre fruits

L'ortie, Urtica dioica, maintenue dans un coin du jardin, sera une alliée précieuse, elle recouvre une partie de talus près de mon potager.

Les paillis organiques faits maison : Le compost ne peut pas tout recevoir et le potager en profite.

Quand, par exemple, la surface de pelouse est importante, une partie de la tonte ira dans le compost mais l'autre pourra être étalée en petite épaisseur entre les légumes du potager ou bien être mise à sécher et utilisée plus tard.

Un stock important de feuilles mortes servira à couvrir la terre sous les arbustes ou les haies du jardin d'ornement.

Le pied des plantes doit respirer. Ne l'emmitouflez pas de paillage à la belle saison.

Les feuilles coriaces, comme par exemple celles du houx, du laurier cerise, seront broyées par un passage de tondeuse. Les fougères sèches seront aussi passées sous la tondeuse.

N'utilisez pas les feuilles des arbres ou arbustes malades mais brûlez-les et récupérez les cendres.

paillage paille paillis

La vieille paille de céréales, que j'affectionne particulièrement, est étalée par 10 à 15 cm d'épaisseur sur le futur nouveau massif. Au bout de 6 à 10 mois, la terre est propre et si facile à travailler. Les mulots l'adorent aussi mais il faut bien que la chouette hulotte (ou chat-huant) qui visite le jardin tous les soirs (depuis plus de 15 ans) y trouve aussi son compte. Les vacanciers du Gîte Aber Benniget sont toujours agréablement surpris car l'oiseau s'installe sur la pergola de la roseraie et émet son "hou – ou – ou"  de longues heures durant.

Conclusion : essayez de retenir ceci :

Améliorez-vous la vie et celle du sol de votre jardin avec les paillis.

Retrouvez tous les articles :

1ère partie : La rotation des culture, l'assolement, les familles de plantes.

2ème partie : Connaître sa terre, le pH, les plantes indicatrices.

3ème partie : Les besoins des légumes, nourrir le sol, NPK, amendements, engrais.

4ème partie : Le compost, cendres, décoctions, fumée, macérations et purins.

5ème partie : Les engrais verts.

6ème partie : Les paillis, le paillage du sol en été.(ci-dessus).

7ème partie : Les bons et les mauvais voisinages ou les cultures associées.

8ème partie : De la couleur pour des légumes en pleine forme, la biodiversité.

Rédigé par Hortimail

Publié dans #Au potager

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