Nématodes et myriapodes dans culture de pommes de terre

Publié le 2 Mai 2012

Nématodes et myriapodes dans culture de pommes de terre

Voici le courrier que je reçois d'un sympathisant, Jean-Yves, de la Société d'Horticulture du Bas-Léon, SHBL, qui nous explique comment sa culture de pommes de terre est réduite à néant dans son potager et cela pour longtemps.

Apparition des ravageurs dans une culture de pommes de terre

Début du courrier de notre correspondant

Je me suis entretenu avec vous, lors de la Foire aux Greffons, d'un problème que j'ai rencontré dans mon potager .
En 2009, j'ai acheté 2 variétés de pommes de terre au magasin .... de Saint Renan : Florette et Linzer Delikatess.
J'ai également planté un reste de ma culture de l'année précédente : des Pompadour.
J'ai eu la mauvaise surprise de constater que les variétés que j'avais achetées dépérissaient alors que mes plants personnels se développaient normalement et j'ai signalé ce problème au responsable du magasin. Il a fait venir un technicien de la Coopagri qui a effectué un prélèvement de terre pour le faire analyser en laboratoire .
Le compte-rendu du laboratoire est en pièce jointe.
Comme vous pourrez le constater sur les photos, l'origine de la contamination ne laisse aucun doute. Il s'agissait pourtant de plants certifiés !
J'ai signalé le problème à la DDA, au GNIS et à l'INRA .
Il est difficile d'imaginer que je suis le seul concerné par ce problème ...
Les conséquences pour les producteurs de pommes de terre de la région peuvent être particulièrement graves : destruction quasi totale des récoltes.
Je tiens également à signaler qu'il semblerait qu'une erreur de diagnostic face à ce problème soit particulièrement répandue.

En effet il est souvent mis en avant que le dépérissement serait provoqué par un épuisement de la terre du potager en raison des cultures intensives qui sont conduites.
Cela amène les jardiniers à ignorer le problème et donc à propager involontairement ces parasites.
Tout ce qui est en contact avec la terre infectée est susceptible d'être contaminant : outils, semelles des chaussures, fanes ...
L'INRA m'a demandé de placer mon potager en quarantaine...
Dans les mails suivants vous trouverez quelques photos.
Bien amicalement

Jean-Yves.

Résultat d’analyse

OBJET : Diagnostic sur échantillon (plants de pommes de terre, tubercules et terre)

  •  

  • Présence de nombreux nématodes à kyste du type Globodera sur racines et dans l'échanti|lon de terre

  • Présence d'une nombreuse population de Scutìgerelles (insectes ravageurs du genre Myriapode).

  • Présence d’une nombreuse population de Blaniules (insectes ravageurs du genre Myrìapode).

 

Les populations de Scutigerelles et de Bianiules peuvent causer des dégâts importants par des morsures sur les racines et tiges et surtout sur les tubercules qui sont rongés en surface.

La culture début juin

Voici une photo prise début juin.
En premier plan, on voit mes plants personnels qui se développent normalement (pour l'instant ...).
En arrière plan, on voit les plants achetés au magasin ....

En début de pousse, il n'y avait pas de différence notable. Les parasites ne deviennent actifs que lorsque la terre est chaude.

vignette de culture de pommes de terre et ravageurs : nématode, scutigerelle et blaniule : début juin

La culture début juillet

Début juillet, voici à quoi ressemble un plant attaqué.

vignette de culture de pommes de terre et ravageurs : nématode, scutigerelle et blaniule : début juillet

Voici un article à lire :

Lutte contre les nématodes à galles ou anguillules, des ravageurs du sol très difficiles à éliminer.

- Fin de l'envoi de notre correspondant -

Quelques explications sur ces ravageurs

Le nématode à kystes de la pomme de terre, ou nématode doré, Globodera, est un animal filiforme de moins de 1mm de long. Peut vivre de nombreuses années. A lire.

La scutigerelle, Scutigerella, est un petit mille-pattes, de 5 à 8mm de long, à corps mou et translucide. Peut également vivre de nombreuses années entre la surface du sol et à une profondeur de plus de 50cm. A lire.

Le blaniule, Blaniulus, est une sorte de ver muni d'une paire d'antennes, corps de 8 à 18mm de long. A lire.

Eradication des nuisibles

Que faut-il faire ?

L'éradication est-elle seulement possible ?

Si vous avez lu toutes les informations, vous déduirez comme moi que l'éradication est très difficile, voir impossible pour nous petits jardiniers.

La certification, mais de quoi ?

Que veut dire "plants certifiés" ? Simplement qu'il s'agit bien de la variété vendue ?

D'accord, la variété est conforme, mais n'y a-t-il aucun certificat qui nous dise aussi qu'elle est saine ?

Où sont produits ces plants de pommes de terre ?

Doit-on en déduire que le lieu de culture de ces plants de pommes de terre n'est pas contrôlé comme il le devrait ?

Les contrôles existent-ils réellement ? Des lobbys très puissants peuvent-ils les contourner ?

Que devient le petit jardinier face à ces intrants indésirables ?

 

Qu'est-ce qu'un passeport phytosanitaire ?

Est-ce un passeport de complaisance ?

 

Beaucoup de questions sans réponses.

Dans le souci de protéger notre environnement et notre santé, nous n'utilisons pas de produits de traitements néfastes à la vie dans notre sous-sol ; mais voilà que les pires ravageurs nous sont "offerts" en prime !!!

Je vous invite donc à apporter vos témoignages si vous êtes, comme Jean-Yves, confronté à ces mêmes problèmes de culture de pommes de terre.

Jardinièrement vôtre,

Anne

Rédigé par Anne

Publié dans #Au potager

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jean-yves 09/05/2012 10:18

La propagation ne peut pas s'effectuer par des semis de tomates . On ne risque donc pas de contamination si on effectue des semis soi-même .
La propagation peut s'effectuer par des plants de pommes de terre mais aussi des plants en godets (tomates ou autres plants ...).

MalouineRigourd 08/05/2012 10:09

conclusion: on arrête de faire des pommes de terre et des tomates ...