Le verger breton en 1944
Voici l'intégralité d'un article sur le verger breton paru dans un
journal datant du 20 mai 1944, pendant la dernière guerre. Malheureusement, je ne connais pas le nom du journal en question puisque
j'ai trouvé cet article, signé E. GUESNO, découpé et inséré dans un vieux livre, Arboriculture fruitière, de Joseph VERCIER.
Je suppose qu'il s'agit d'un journal du Finistère ou de Bretagne puisqu'au dos de l'article ci-dessous, se trouve
l'espace alloué à la commune de Ploudalmézeau qui parle d'une convocation des prisonniers libérés et des divers dons et quêtes recueillis lors de deux mariages.
Et voici ce compte rendu intégral et non modifié :
"Vers l'amélioration du verger breton
Dans la dernière semaine d'avril, des réunions pomologiques se sont tenues à Plouigneau, Châteaulin, Brasparts,
Fouesnant et Rosporden.
Ces journées étaient organisées par l'Union régionale corporative agricole du Finistère et des Côtes-du-Nord, avec le
concours des services agricoles de la S. N. C. F. Favorisées par le temps, elles ont obtenu partout le meilleur succès et ont été suivies par plusieurs centaines de producteurs de fruits à cidre
et de pommes à couteau.
Ces réunions comprenaient une partie théorique et des démonstrations pratiques. Des explications furent données sur
le traitement du pommier et sur la rénovation des vergers.
En ce qui concerne le traitement, le conférencier, M. Brousse, ingénieur horticole du ministère de l'Agriculture,
indiqua le but et précisa les modalités des traitements; il signala les exigences du pommier en cette matière : il devrait normalement recevoir six traitements durant l'année. Dans les
circonstances actuelles, ces six traitements sont la plupart du temps impossibles. Il faut tout au moins assurer les trois premiers :
. le premier, à l'époque du débourrement, contre l'anthonome ;
. le deuxième, 5 ou 6 jours après, contre les chenilles défoliatrices ;
. le troisième doit se faire par pulvérisation, soit de bouillie sulfocalcique, qui ne doit pas être employée quand
la température dépasse 18° ou de bouillie arseniacale, dont l'emploi doit être rigoureusement prescrit moins de deux mois avant la récolte.
La restauration des vergers est indispensable pour assurer aux pommes de notre région des débouchés après
guerre.
Elle peut s'obtenir par surgreffage ; mais ce procédé ne rajeunit pas un verger.
Il faut surtout planter des plants et il est bon de faire des plantations industrielles, c'est-à-dire avoir le plus
de pommes sur le plus petit espace possible.
Il faut greffer de préférence sur doucin.
La greffe sur paradis est à déconseiller, car le paradis réclame du calcaire que le sol breton ne possède pas en
suffisante quantité.
Il est nécessaire de tailler et d'élaguer les pommiers, surtout quand ils sont très touffus.
Les variétés à retenir comme pommes de table sont : la galeuse, la Belle de Boscop, qui est légèrement sensible à la
tavelure, la reinette de Caux, la reinette Baumann et la reine des reinettes. Ces deux dernières espèces sont assez fragiles et demandent à être bien abritées.
En variétés hâtives, qui sont intéressantes dans les régions de la côte à la venue des estivants, on peut choisir
l'astrakan rouge, la beauty of the bath et le pigeonnet de Jérusalem.
Ces indications d'espèces ne sont nullement limitatives et il est vraisemblable que des producteurs avertis en ont
expérimenté d'autres qui donnent également d'excellents résultats.
Les producteurs de pommes et de cidre qui ont suivi les journées pomologiques ont recueilli d'ailleurs beaucoup plus
d'explications que celles que nous pouvons donner ici dans le cadre d'un article restreint.
Ils ont suivi, d'autre part, les démonstrations de surgreffage et de traitements des pommiers.
Ils ont été vivement intéressés par la question, puisque la plupart ont demandé que de telles expériences se
renouvellent aussi souvent que possible et qu'elles soient multipliées dans nos départements."
E. GUESNO
Je remercie, à l'avance, les personnes qui m'indiqueront le nom du journal.
Kenavo
Anne
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