Les fougères

Publié le 8 Mai 2013

Le monde mystérieux des fougères, mousses et lichens.

Bien avant vous, nous étions là, nous, les fougères, les mousses et les lichens. Et si aujourd'hui, vous existez, vous, les humains, c'est en partie grâce à nous.

De mes cours de biologie en primaire, je me souviens d'avoir étudier les fougères et j'avoue ne pas y avoir retenu grand-chose. Si encore, on nous avait envoyé sur le terrain, nous y aurions trouvé plus d'intérêt.

Alors, aujourd'hui, il faut réapprendre, et après les algues, autres végétaux essentiels à notre survie, je me passionne pour les fougères, les mousses et les lichens.

Les mousses et les lichens feront l'objet des chapitres 2 et 3.

Chapitre 1 - Les fougères

Sur le chemin, vous passez sans me voir, vous regardez mais ne voyez rien.
Je déroule mes frondes une à une, je suis la fougère, raden en breton.

Non pas l'étrangère, la géante, que certains payent le prix fort pour l'avoir dans le jardin, je veux parler de la fougère arborescente, Dicksonia antartica, non pas celle-là, juste les fougères de chez nous et elles sont nombreuses.

Sur les quelques 130 espèces de fougères en France, une cinquantaine est présente en Bretagne, des courantes et des rares.

Mais êtes-vous sûr que la fougère arborescente se plaira dans votre jardin ? Est-ce bien raisonnable de vouloir l'acclimater à tout prix ? Elle craint le soleil, le vent, les embruns salés, le gel, le sol sec, le calcaire et le manque de soins. Cette rescapée de la préhistoire n'est-elle pas mieux dans son pays d'origine ? Je me suis promenée dans une forêt de fougères arborescentes, le Parc des Grandes Fougères en Nouvelle-Calédonie : c'est tout simplement magique.

Mystérieuses fougères, si belles, si attachantes, un peu moins il est vrai pour la fougère aigle, Pteridium aquilinum, qui trace, qui trace, et trace encore. Il y a plusieurs années, c'était la seule fougère dans mon jardin et aujourd'hui, elle laisse progressivement la place à d'autres espèces, toutes apparues spontanément, la langue de cerf ou scolopendre (Asplenium scolopendrium = Phyllitis scolopendrium), le capillaire noir ou doradille noire (Asplenium adiantum-nigrum), la fougère mâle (Dryopteris filix-mas) et la fougère femelle (Athyrium filix-femina).

En plus des 42 espèces de fougères protégées en France, quelques espèces sont protégées en Bretagne :
- le capillaire de Montpellier, Adianthum capillus-veneris,
- l'anogramma à feuilles minces, Anogramma leptophylla,
- le cyrtomium en faux, fougère houx, Cyrtomium falcatum.


 

- les hyménophylles (Hymenophyllum tunbrigense et Hymenophyllum wilsonii),
- le polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum),
- le trichomanès remarquable (ou élégant) (Vandenboschia speciosa = Trichomanes speciosum).


  

 Il est donc évidemment interdit de les prélever dans la nature et si vous les rencontrez, il est utile de nous le signaler, par les commentaires sous cet article ; nous ferons remonter l'information.
Voici la liste des espèces de fougères à forte valeur patrimoniale en Bretagne.
Voici la liste des espèces protégées sur le territoire français.

Détermination des espèces de fougères

Pour déterminer précisément les espèces, il faut être très attentif, je vérifie certaines caractéristiques à la loupe. C'est le cas pour le polypode du chêne, Polypodium interjectum.

Pour mieux comprendre, petit dico. des fougères :
- fougeraie : lieu colonisé par les fougères.
- thalle : individu entier ; le mot "plante" n'est pas utilisé.
- fronde : tient le rôle de feuille, composé du pétiole et du limbe.
- crosse : partie terminale du limbe enroulé sur lui-même.
- limbe : partie verte de la fronde, composé du rachis et de pennes.
- penne : ou foliole, division du limbe.
- pinnule : ou foliolule, division de la penne.
- indusie : ou enveloppe, membrane qui protège sores et sporanges.
- sore : ou tas, plage de production de spores qui peut être de différentes formes.
- sporange : ou amas de semences, organe fertile ou stérile, siège de l'élaboration des spores.
- spore : ou semence, cellule reproductrice.

Clef de reconnaissance des fougères

Je me suis fait une première clef de reconnaissance assez simple :
- fougères solitaires sur rhizome rampant, chaque fronde est seule : Cystopteris (capillaire blanc), Gymnocarpium, Polypodium (réglisse des bois), Ptéridium aquilinum (fougère-aigle), Thelypteris (fougère des hêtres).
- fougères cespiteuses, poussant en touffe : toutes les autres et Oreopteris limbosperma = Thelypteris limbosperma.
Puis une deuxième clef de reconnaissance :
- avec indusie : Asplenium, Cystopteris, Dryopteris, Polystichum (dont la fougère des fleuristes, la fougère de Noël), Woodsia.
- sans indusie : Gymnocarpium, Polypodium.
- avec ou sans indusie : Oreopteris, Thelypteris.
- indusie en forme de rein : Dryopteris.
- avec repli membraneux du bord du limbe : Adianthum (cheveu de Vénus, fougère d'intérieur ; que l'on peut rencontrer en Bretagne), Oreopteris, Pteridium.
- sporanges à la marge des pennes : Osmunda (fougère royale, osmonde ; protégée).
- cupules au bord du limbe : Hymenophyllum tunbrigense.
- pétiole à écailles : Dryopteris.

La dispersion des spores

A lire absolument : la dispersion des spores, un mécanisme très étonnant enfin découvert.

Pour aller plus loin

- liste fougères, fern

A lire

Chapitre 2 : Les mousses - Chapitre 3 : les lichens

Rédigé par Anne

Publié dans #Actions Ecologie, #Vivaces-Annuelles-Bulbeuses

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